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TOUT SEUL COMME UN GRAND

Humour - compagnie Auguste Singe - à partir de 7 ans

le dimanche 10 décembre 2017 à 16:00

TOUT SEUL COMME UN GRAND
Compagnie Auguste Singe

© compagnie Auguste Singe

Humour
De et avec : Matthieu Penchinat
Mise en scène : Gilles Simourin, Julien Testard, Arnaud Demanche et Lisa Robert
Musique : Julien Lifszyc
Créa lumière : Nicolas Natarianni

DANS LE CADRE DU FESTIVAL «LE BOULV’ART DU RIRE» DU 26/11 AU 15/12/2017

Dimanche 10 décembre 2017 à 16h

PITCH

Qu'il est difficile de pitcher son propre spectacle. Si je devais le résumer à quelqu'un dans la rue, je dirais : C'est une spectacle qui parle de la mort. De la mort de mon père. Mais c'est drôle, hein ! Si la personne rigole et semble intriguée, je continue : On est tous angoissé par la question de la Mort ! Sauf qu'on a tendance à fuir, à ne pas du tout y penser. Les questions, hop, on les met sous le tapis et on fait comme si de rien était... « Moi ? La Mort ? Non, non... » Et bien, moi, je dis : « Oui, ça existe. Oui, ça fait peur à tout le monde. Mais venez, on va en parler. On va rigoler avec. Et je vous assure... après, ça ira mieux. »

En fait, c'est un spectacle qui fait du bien. Tiens je pourrais le dire, ça.
C'est un spectacle qui fait du bien ! A ce moment de la discussion, j'imagine que la personne en face me dirait Wow, ça a l'air cool ! Mais c'est pas trop dur de parler de la mort de votre père ? Alors je répondrais, simplement : On peut se tutoyer, ça va... Ok, merci. C'est pas trop dur de parler de la mort de votre pè- de TON père ? Haha, désolé. Non. J'ai toujours préféré rire de toutes mes angoisses et de toutes mes peurs. C'est presque thérapeutique en fait. C'est un rire qui fait du bien, des amis, récemment endeuillés et qui sont venus voir le spectacle me l'ont dit. C'est le plus beau compliment qu'on puisse me faire. Et comme j'ai tendance à m'emballer un peu, quand je parle, à ne pas être toujours très clair, la personne en face me dirait : Mais y a quoi dans ton spectacle, concrètement, tu parles de quoi ? Hum... Il y a des sketchs, déjà. Le notaire qui a perdu le testament. Le beau frère qu'on rencontre pour la première fois dans ses circonstances. Une séance de spiritisme désespérante. Les vendeurs de chez POMPE FUN ! Et tout ça est entrecoupé de réflexions sur la religion, sur les protestants notamment, oui parce que je viens d'une famille protestante. Je parle aussi de la place de la mort dans nos vies. Et de son importance, in fine. Et je pense qu'après ce dialogue, la personne viendrait me voir.

Et qu'elle serait encore surprise par le spectacle. Voilà ce que je dirais, si je devais le résumer à quelqu'un dans la rue. Et si je devais lui donner un aperçu, grâce à une vidéo, par exemple, alors je lui donnerai ce lien :

NOTE D'INTENTION

L'humour, c'est quand on rit quand même. Cette formule résume parfaitement l'axe principal de ma recherche artistique. Il s'agit de réconcilier deux choses souvent opposées à tort : le rire et la réflexion. Rire d'abord, par éclats et non du bout de lèvres, « d'une bouche empruntée au derrière des poules », parce que j'aime entendre les gens rire franchement, j'aime sentir ce lâcher prise, cet état second. Puis réfléchir, ensuite. Au calme, sur le chemin du retour. « Qu'est-ce que j'ai ri ! Mais en plus, c'était pas si con... » Chaplin est le maître de cet art délicat, c'est pour moi un modèle. Rien n'est plus élégant que d'arriver à faire passer un message fort sur le ton de l'humour. C'est l'essence de ma recherche artistique : titiller, provoquer, faire rire et repartir en ayant dit. La place de la Mort, marqueur de nos sociétés. Toute société humaine peut se raconter par son rapport à la Mort. Dans notre Occident qui entretient un culte de la jeunesse éternelle, la Mort est aujourd'hui « interdite ». (Lire Philippe Ariès, à ce propos) Les cimetières et les funérariums, sont de plus en plus éloignés. Être en deuil relève de la dépression si cela dure plus de trois mois, alors que cela dure - a minima – un an. Il est probable que certaines personnes de notre entourage soient endeuillées sans même que l'on s'en rende compte : La Mort est devenu un tabou ! Et paradoxalement, la Mort a été rendue « agréable » pour pouvoir être ingérée par l'ogre mercantile. En nous éloignant de la Mort, nous nous sommes éloignés de notre vie et éloignés les uns des autres. On trouve quelque chose de rassurant dans le quotidien, que j'ai toujours considéré comme une mort qui ne dit pas son nom. Les Égyptiens mettaient de petites statuettes de momie dans leurs verres, pour se rappeler de vivre tant qu'ils en avaient le temps. Avec ce spectacle, je cherche la même chose. Exhorter la vie en chacun, comme on peut le sentir, parfois, pendant un enterrement...

Parler de la Mort pour faire une ode à la vie. À la croisée des genres, le mien. Pendant dix ans, j'ai accumulé de nombreuses expériences théâtrales. D'abord l'improvisation, par laquelle j'ai commencé. L'écriture de sketchs, ensuite. Puis très vite, le clown. Son rapport au corps, à l'humour, au jeu. Vint ensuite l'ENSAD, pendant trois ans, à travailler avec d'immenses metteur-se-s en scène. L'expérience de la mise en scène, aussi, avec cette obsédante question « comment raconter cette histoire ? » La danse, avec Philippe Decouflé, qui m'a fait confiance et donné une exigence de travail et une expérience inimaginable. Aujourd'hui, c'est un peu tout ça que je réunis dans ce spectacle, tout ce que j'ai eu l'occasion d'expérimenter pendant ces dix dernières années. Comme un aboutissement, comme une naissance artistique, plutôt. Un spectacle incontestablement fondateur.

BIOGRAPHIE / PARCOURS / CV

Tout a commencé par l'improvisation théâtrale, et l'envie d'écrire des sketchs. C'était en 2003, en arrivant à Montpellier pour des études d'informatique. Puis très vite est venu se mêler le clown. D'abord un spectacle, puis un atelier pour en arriver à une révélation : fi de l'informatique, cap sur le théâtre ! Beaucoup d'improvisation, quelques pièces : c'est en jouant qu'on devient comédien... Mais en 2007, un peu par hasard (mais surtout grâce au clown), retour à l'école. Cette fois ci, c'est l'Ecole Nationale Supérieure d'Art Dramatique sous la direction d'Ariel Garcia Valdès. Trois années en section pro pour approfondir tout ce qui fut entrevu pendant les quatre années précédentes. À partir de 2010, commence l'aventure professionnelle. Être comédien et gagner sa vie avec ça... D'abord, une recherche personnelle qui se construit autour du clown, avec la compagnie Auguste Singe. Rapidement aidée par la Ville de Montpellier, et soutenue pour certains projets par l'Agglomération, le département et l'ENSAD. Deux solos de clown : l'Appel du désert (2011) et Le cabaret de rien (2013) pour approfondir cette recherche spécifique. Se développe le rapport à l'interdit, au vouloir, au corps, à l'humour... Une première mise en scène : George Dandin (2011), d'abord, créé à Montpellier (théâtre de la Vista), joué ensuite à Avignon (théâtre de l'Adresse) et puis donné à Paris (Le Lucernaire). Une version très cruelle et noire, mais drôle. Toujours drôle. Même quand c'est tragique. Surtout quand c'est tragique. Deuxième mise en scène : Don Quichotte (2014) pour creuser encore la recherche d'un théâtre clownesque. En parallèle de la vie de la compagnie Auguste Singe, il y a la rencontre avec d'autres metteurs en scène et l'ouverture à d'autres façons de penser le théâtre et le spectacle. Sébastien Lagord qui confie à Matthieu le rôle de M. de Pourceaugnac dans la pièce du même nom. Comédie ballet de Molière, dépoussiérée pour l'occasion, créée avec trois acteurs sud-africains et axée sur le mélange des langues. Commandée par Le Printemps des Comédiens (2010) la pièce continue d'être donnée un peu partout en France. Puis il y a la rencontre avec Philippe Decouflé pour le spectacle Panorama (2013) qui donne à Matthieu un rôle sur mesure de M. Loyal décalé, chargé d'assurer les transitions. S'en suis une tournée mondiale, qui permet d'approfondir un travail de corps, de rythme et d'affiner longuement des numéros comiques. Dans le même temps, la télévision et On ne demande qu'à en rire, 12 passages et beaucoup de rencontres. Depuis, encore des projets (#JAHM de Pascale Danièle Lacombe, quelques sketchs pour Déconne Cheese, des collaborations avec Arnaud Demanche, Jo Brami)
Et aujourd'hui, enfin, comme un aboutissement, un seul-en-scène « drôle, mais pas que... » Tout seul comme un grand.

Tarifs : 10€/8€/6€
Durée : 1h10
à partir de 7 ans

Réservation : 03.20.55.19.51

affiche originale (146 ko) communiqué de presse (290 ko) affiche CCA (460 ko)

mis à jour le